L'hypnose : Une solution concrète pour l'enfant intérieur terrifié
La peur des aiguilles, ou bélénophobie, peut transformer un simple rendez-vous médical en une véritable épreuve. L'animatrice Sophie Durocher en sait quelque chose. Lors d'une entrevue à QUB radio avec l'hypnothérapeute clinique Marc Bédard, elle a raconté avec vulnérabilité avoir fondu en larmes, nécessité une chaise roulante, une civière et trois infirmières simplement pour recevoir un vaccin. Une réaction qui illustre parfaitement à quel point cette phobie échappe totalement au contrôle de la raison.
L'inconscient, ce saboteur émotionnel
Pourquoi est-il impossible de se calmer simplement en se parlant à soi-même ? Selon Marc Bédard, le problème réside dans le fait que la logique et la peur ne logent pas à la même adresse.
Le conscient, notre partie rationnelle, sait très bien que l'aiguille n'est pas une menace mortelle. Cependant, c'est l'inconscient, que M. Bédard compare à notre « enfant intérieur », qui prend le dessus. Ce dernier, cherchant à fuir ce qu'il perçoit comme un danger, déclenche un mode de survie intense. Essayer de se raisonner consciemment face à une réaction inconsciente est donc voué à l'échec.
La technique pour désamorcer la panique
Heureusement, il n'est pas nécessaire de subir cette peur toute sa vie. L'hypnothérapie offre un moyen d'intervenir directement à la source. M. Bédard a détaillé le processus en quelques étapes simples :
- Activer légèrement la peur : Contrairement à la thérapie d'exposition, il n'est pas nécessaire de mettre le client en état de crise. Le simple fait de penser à la situation et de faire monter l'anxiété à un faible niveau suffit pour accéder à l'émotion.
- Matérialiser l'émotion : L'hypnothérapeute utilise le langage de l'inconscient, soit l'imaginaire. Il peut demander au client de visualiser l'espace physique que prend sa peur entre ses mains.
- Évacuer et tester : En utilisant des suggestions, on amène l'inconscient à se départir de cette image. On remet ensuite la personne en situation de test dans son esprit pour s'assurer que la réponse phobique a bel et bien disparu.
Le mythe de la réceptivité et l'hypnose à distance
Un mythe tenace voudrait que seulement une poignée de personnes soient « réceptives » à l'hypnose. Marc Bédard a rappelé que près de 90 % de la population l'est. En réalité, le véritable frein n'est pas la réceptivité neurologique, mais la volonté. Si une personne est forcée de consulter (comme un adolescent poussé par ses parents), les chances de succès sont minces. À l'inverse, si le client désire ardemment se débarrasser de son problème, les résultats sont souvent au rendez-vous.
Fait intéressant abordé lors de l'entrevue : cette reprogrammation de l'inconscient ne nécessite même pas d'être dans la même pièce. L'hypnothérapie se pratique de plus en plus, et avec tout autant d'efficacité, par visioconférence !
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