L'hypnose pour cesser de fumer : Une démarche sans magie, mais redoutablement efficace
À l'occasion de la Semaine de lutte contre le tabagisme, l'hypnothérapeute Marc Bédard a accordé une entrevue à Richard Martineau sur les ondes de Qub Radio pour démystifier le rôle de l'hypnose dans l'arrêt tabagique.
Si l'animateur a partagé son expérience personnelle d'avoir arrêté de fumer d'un coup sec après avoir réalisé qu'il payait une entreprise pour le tuer, Marc Bédard a rappelé que l'hypnose n'est pas une pilule magique. C'est une démarche qui exige une véritable volonté personnelle.
Le vrai problème : L'aspect émotionnel, pas seulement la nicotine
Une croyance populaire veut que la dépendance physique à la nicotine soit le plus grand obstacle pour les fumeurs. Or, selon Marc Bédard, la véritable difficulté réside souvent dans l'aspect émotif.
- Pour beaucoup, la cigarette agit comme une « doudou » ou sert à combler les temps libres.
- Les fumeurs sont souvent convaincus que fumer les calme, alors que la nicotine est en réalité un excitant.
- Le travail en hypnose consiste à déconstruire ces fausses croyances pour que l'inconscient comprenne qu'il n'y a aucun avantage réel à fumer.
Une démarche structurée en deux rencontres
La méthode utilisée par Marc Bédard se déroule typiquement en deux séances.
- L'hypnose conversationnelle (environ 1 h 30) : Cette première étape sert à questionner les raisons qui poussent le client à fumer et à changer sa perception face au tabac.
- Le changement de perception : Entre les deux rencontres, de nombreux clients réalisent soudainement que la cigarette a un goût désagréable et qu'elle ne leur procure plus l'effet escompté.
- L'arrêt définitif : La deuxième séance consolide l'arrêt officiel.
- Le suivi autonome : Le client repart avec des enregistrements d'autohypnose à écouter pour renforcer le travail accompli.
Démystifier la perte de contrôle et l'accessibilité
L'une des plus grandes peurs face à l'hypnose est la perte de contrôle, souvent associée aux spectacles de divertissement. Marc Bédard rassure : en hypnose clinique, le thérapeute ne prend jamais le contrôle de votre esprit. Le client donne simplement le contrôle conscient à son propre inconscient. C'est un état naturel, semblable au fait de changer de position dans son sommeil sans s'en rendre compte.
De plus, l'hypnose ne peut forcer quelqu'un à arrêter s'il ne le désire pas profondément. Par exemple, si une personne consulte uniquement pour faire plaisir à son conjoint, la thérapie ne fonctionnera pas.
Enfin, un aspect rassurant pour ceux qui souhaitent entreprendre cette démarche est que la plupart des assurances privées remboursent ces séances sous le volet de la naturopathie.
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