« Est-ce que l'hypnose fonctionne pour cesser de manger ses émotions ? »
Ça fonctionne, et pas en travaillant sur la nourriture. Manger ses émotions, c'est un conflit — une partie qui veut produire, une autre qui veut se reposer — qui se règle en fuyant vers la nourriture. En hypnose, on cible le déclencheur, on fait travailler les deux parties ensemble, et la faim du corps reprend sa place.
En fait, j'ai découvert une chose surprenante. La plupart du temps, le déclencheur qui fait manger une personne quand elle a pas faim, c'est une émotion sous-estimée. J'y reviens.
Il est 20 h. La journée est pratiquement finie. Vous avez rushé toute la journée au travail, le souper, vous occuper des enfants, les travaux ménagers que vous avez pas trop le choix de faire — parce que sinon, qui d'autre va s'en occuper…
Puis, c'est votre moment. Vous vous évachez sur le divan. Ça fait quoi, deux heures que vous avez soupé ? Clairement, vous avez pas faim.
Pourtant, une idée vous traverse l'esprit : et si je me prenais une poignée de chips ? Ou peut-être des biscuits — choisissez votre gâterie…
Alors, vous réprimez cette idée tant que vous pouvez. Et puis, à l'annonce, ou à la moindre occasion où vous relâchez la garde, vous cédez. La première chose que vous savez, vous avez la main dans le sac.
Et puis, vous vous dites peut-être : là, c'est la dernière poignée… pour la troisième fois…
Ça vous arrive ?
Évidemment, la scène peut varier. Mais je vous dirais que c'est une image que mes clients me rapportent souvent en clinique, à quelques variantes près.
Pas besoin de s'empiffrer pour manger ses émotions
— Moi, je m'empiffre pas quand j'ai des grosses émotions, me dit ma cliente.
Je recadre : pas besoin d'hyperphagie pour faire partie de la catégorie.
La plupart des gens qui mangent leurs émotions s'empiffrent pas. Ils grignotent. Une poignée par-ci, une poignée par-là. Et c'est justement pour ça qu'on sous-estime le phénomène : on croit que manger ses émotions, ça ressemble à une crise. La plupart du temps, ça ressemble à un soir ordinaire sur le divan.
L'Association américaine de psychologie l'a mesuré : 38 % des adultes disent avoir trop mangé ou mangé malsainement à cause du stress dans le dernier mois. Et parmi eux, 49 % le font chaque semaine ou plus. Stress in America, 2013
Ce qui se passe, le soir, c'est un conflit qui n'a pas de sortie. Une partie de vous veut encore produire, cocher des items, finir ce qui reste. L'autre veut juste se reposer après une journée active.
Et quand un conflit n'a pas de sortie, le cerveau cherche un réconfort — vite. La nourriture est là, à portée de main. Elle demande rien, elle juge pas, elle réconforte tout de suite. C'est ça, la fuite : pas une faim, un réconfort.
Vous mangez pas parce que vous avez faim. Vous mangez parce que le conflit, lui, a faim — faim d'une sortie. Et la nourriture lui en donne une, pour quelques minutes.
L'émotion coupable, c'est souvent celle qu'on soupçonne le moins
En grattant un peu, on la trouve assez vite : l'ennui.
Oui, je sais, c'est étonnant. Contrairement à ce qu'on pourrait soupçonner, l'ennui est une émotion forte, parfois.
Une étude publiée en 2015 l'a mesuré : plus les participants s'ennuyaient, plus ils mangeaient — et surtout des grignotines, pas des aliments santé. L'ennui donne pas faim. Il donne envie de fuir ce qu'on ressent. Moynihan et coll., Frontiers in Psychology, 2015
— Oui, mais je m'ennuie pas, j'écoute la tv, me dit ma cliente.
Alors allons plus loin : comment tu te sens, en écoutant la télé ?
— On dirait que j'ai un combat intérieur. Comme si j'avais pas le droit de me reposer…
Voilà !
Une partie souhaite être productive, que tout soit fait, cocher des items de cette fameuse liste. L'autre veut juste se reposer après une journée active. Deux parties qui s'affrontent. Ou, comme on le dirait en termes judéo-chrétiens : un combat entre l'ange et le démon.
Rendu là, c'est facile. Il s'agit pas de mettre le « démon » à la porte pour toujours — ça fonctionnerait pas de toute façon. Il s'agit que vos deux parties se mettent à travailler ensemble. Que votre partie « productive » reconnaisse les accomplissements de la journée et accepte de se reposer. Et que la partie « fainéante » accepte de se reposer sans culpabilité — pour que ce repos soit « productif » pour vrai.
Comment Décliq aide, concrètement
Ciblage. On vise pas la nourriture — on vise le pattern. Le soir, le conflit, la main qui part vers le sac toute seule. Et l'émotion qui pousse la main vers le sac : ici, l'ennui. Là où vous pensiez qu'il y avait juste une habitude.
Changement rapide. En séance, les deux parties se mettent autour de la même table. La partie productive reconnaît ce qui a été fait — et elle lâche prise. La partie qui veut se reposer obtient la permission de se reposer pour vrai, sans culpabilité. Et là, la nourriture perd sa job : elle servait de réconfort à un conflit qui n'existe plus.
Vous savez déjà que vous n'avez pas besoin de manger vos émotions. Votre inconscient, lui, n'a pas encore eu le déclic.
Test. On revit la scène du soir en séance — le divan, la télé, le sac de chips — et on vérifie que la main part plus toute seule. Et quand la vraie faim arrive, on la reconnaît : elle vient du corps, pas du conflit.
Entre les cas que je vous présente, tous les cas de figure sont possibles. Mais le principe de base reste le même : identifier le pattern qui vous amène à manger comme échappatoire — la fuite vers la nourriture pour y trouver le réconfort que le conflit vous refuse — réconcilier les parties, et écouter votre vraie faim du corps.
Manger ses émotions, c'est un des 5 aspects qu'on travaille pendant nos séances. Les 5 sont présentés dans cet article sur l'alimentation intuitive. Quand les 5 sont intégrés, vous respectez votre faim, vous faites confiance à votre corps pour atteindre votre poids d'équilibre, et vous bougez pour le plaisir.
Et même si ça vous apparaît gros comme objectif, si vous le voulez, c'est à votre portée. Je l'ai vu des milliers de fois.
Si vous voulez qu'on regarde ça ensemble, je vous offre une discussion gratuite de 15 minutes.
Les histoires racontées sur ce blogue s'inspirent de situations réelles. Elles sont combinées et anonymisées pour protéger la confidentialité des personnes accompagnées.
Si mes articles vous font sentir que l'hypnose est la solution pour vous, on peut en discuter lors d’un appel exploratoire gratuit.










